En 1942, André Montel, petit-fils du meunier du village, rédige une monographie de sa commune, Coudes, dans le Puy-de-Dôme (France).

Le village de Coudes sur la carte de France

C'est une période charnière. Le village vit encore au rythme d'avant guerre. Il possède une vie autonome. Les commerces sont nombreux, tout comme les artisans. Une certaine forme d'autarcie y est pratiquée par les nombreux petits propriétaires terriens sur des exploitations de très petite taille. Le remembrement n'a pas encore eu lieu. Les transports en commun sont les plus utilisés car, même si les déplacements ne se font plus par traction animale, l'automobile est encore rare. La télévision n'existe pas encore et les médias se limitent aux journaux et à la radio (la TSF) captée au moyen d'imposants postes à lampes trônant dans les salles à manger.

 

Bien sûr les temps sont durs depuis la défaite de 1940, avec les lourdes incertitudes sur la poursuite du conflit mondial. La monographie nous laisse toutefois entrevoir l'importance des relations interpersonnelles entre les habitants du village. Le sentiment d'appartenance des villageois à une communauté est fort, les rivalités avec les autres villages sensibles, en particulier avec le village de Parent dont dépendent - injustement  selon l'auteur - la gare et l'usine électrique.

 

La population y est stable et se concentre dans le bourg. Elle augmente l'été avec les touristes qui viennent, pour la pêche ou la baignade, et s'installent dans les hôtels du pays. Les constructions de maisons individuelles sont rares.

 

Aujourd'hui, 70 ans après, tout cela n'est plus qu'un lointain souvenir. L'automobile est partout, en stationnement dans les rues du village où filant à vive allure au dessus de lui, sur le viaduc de l'autoroute A 75 qui a succédé à la Nationale n° 9. La population augmente, Coudes étant devenu pour partie une cité dortoir pour les habitants travaillant à Clermont-Ferrand ou à Issoire. Beaucoup de commerces ont fermé, ne pouvant lutter contre les supermarchés des villes. Mais l'école est bien vivante et les petites rues résonnent toujours des cris d'enfants.

 

La rapidité des ces changements nous rappelle que le monde évolue en permance et que rien n'est jamais définitif. D'ailleurs, dans 70 ans, y-aura-t'il encore du pétrole pour faire fonctionner les voitures ?

 

Souhaitons tout de même que les coudois d'alors auront toujours autant de plaisir à regarder couler les rivières depuis le pont suspendu.

 

Mais, pour l'instant, vous pouvez vous replonger dans le Coudes de 1942 si vous le souhaitez...

 

La monographie de Coudes en 1942