André Montel naît à Coudes le 1er août 1920 dans le moulin de son grand-père, Jean Piarry, au centre du village. Il est le second fils de Francisque Montel et de son épouse, Éléonore, la fille du meunier.

Il n'a pas le temps de connaitre sa grand-mère maternelle, Antoinette, qui décède en 1921 ni surtout sa mère qui disparaît un an plus tard, à l'âge de trente ans. Son père, déjà très malade, il a eu les poumons brulés par des gaz de combat lors de la première guerre mondiale, disparaît lui aussi trop tôt. Sans femme à la maison, son grand-père, "le père Piarry", confie son éducation à une  mère de famille du village d'origine italienne, Maria, qu'André appellera toujours maman.

 

En 1935 André a 15 ans, il est interne au lycée Amédée Gasquet à Clermont-Ferrand.

Lycée Amedée Gasquet en 1936. André Montel est à la droite du professeur, René Truaud, qui corrigera la monographie de Coudes

Comme toujours, il passe ses vacances à Coudes et donne un coup de main au moulin. C'est un endroit merveilleux pour un jeune homme et il y a tant à voir et à faire... Pour tous il est "Dédé". Cette hiver-là, son grand-père plonge dans l'eau froide du bief pour dégager des branches coincées dans les turbines. L'eau est glacée, mais il a l'habitude. Cette fois, à 71 ans, il ne résistera pas à une pneumonie.  Pierre, le frère d'André, a 23, ans. Il est déjà père de famille, c'est lui qui poursuit l'exploitation du moulin.

 

7 ans plus tard, en 1942, c'est la guerre et les restrictions. Pierre succombe à un empoisonnement au monoxyde de carbone en voulant démarrer le camion de farine du moulin qui, faute d'essence, fonctionne avec un gazogène. André a repris ses études après une année passée comme instituteur à Anzat le Luguet. Dans le cadre de la préparation du "BS" (Brevet Supérieur), il rédige la monographie de Coudes que vous pouvez lire maintenant. Ce document montre son attachement à sa commune, et nous permet également de prendre conscience, avec le recul, de l'évolution radicale du village en quelques dizaines d'années.

 

Son diplôme en poche, André part à Toulon se cacher chez un ami pour échapper au service du travail obligatoire (S.T.O.) . Son ami  travaille pour une entreprise de travaux publics. Il y fait entrer André qui restera à Toulon jusqu'au débarquement des alliés et y apprendra son métier. C'est le début  d'une longue carrière itinérante qui le conduira tout d'abord en Savoie,  puis en Algérie au début de 1949, dans plusieurs régions de France ensuite, en Auvergne enfin, où il participera comme conducteur de travaux à la construction de nombreux ponts modernes sur l'Allier (Orbeil, le Saut du Loup, Coudes), ainsi que sur la retenue des Fades (pont du Boucher, du Chalamont). Passionné de rugby comme beaucoup d'auvergnats, il dirigera également la construction de la première grande tribune du stade Marcel Michelin à Clermont-Ferrand.

 

Décédé en 1999, il repose aujourd'hui dans le cimetière de Coudes auprès de ses parents qu'il a si peu connus.

André Montel à Coudes en juillet 1936. Au fond, l'Allier


Photographies de Coudes d'hier et d'aujourd'hui